La contention du cheval

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La contention sert à immobiliser un patient en vue de soins. Il y a plusieurs types de contention. La contention physique de faible niveau qui est sécuritaire (licol, caveçon, licol à chaînette, chifney, pression sur le site, pincement, pied levé, tenue de la queue). Il y a aussi la contention physique de niveau plus élevé, axées sur l’immobilisation, avec plus de risques d’intolérance (tord-nez, barres, entraves). La contention peut être aussi chimique en utilisant des drogues qui calment, et immobilisent le cheval tout en bloquant ou soulageant la douleur. Enfin, la contention peut être mixte en associant contention chimique et physique.

Le cheval est doté d’un équipement sensoriel développé du fait de son statut de proie dans le règne animal. Sa vision est panoramique, essentiellement monoculaire, ce qui lui permet la perception du mouvements mais peu du relief. Son audition est sensible, des bruits peuvent être détectés jusqu’à une distance de quatre kilomètres, mais elle est peu discriminante. De plus, les oreilles sont orientables. La perception olfactive est possible à distance et elle est discriminante. La sensibilité tactile est très développée. Cette forte sensibilité sensorielle implique pour l’homme de cheval de respecter des règles pour aborder cet animal, faute de quoi il se produit une réaction d’évitement, voire de fuite.

■ L’abord du cheval

L’évaluation du comportement est la première étape pour l’abord du cheval. La douleur est une cause fréquente de comportement déviant et son évaluation est à prendre en compte lorsqu’on aborde le cheval.

La façon que l’on a de se positionner, ou de se mouvoir, est déterminante. La position sécuritaire se trouve juste avant l’épaule gauche du cheval, légèrement de côté. En avant, on risque la morsure ou d’être frappés par les antérieurs (coup de palette), notamment chez l’étalon. Derrière on risque d’être frappés par les postérieurs (ruade), notamment chez les juments.

La façon que l’on a de se déplacer conditionne le cheval. Un déplacement rapide et désordonné de notre part, entraîne un évitement chez le cheval. A l’inverse, l’immobilité tranquille le rassure. Si on a à se mouvoir, il convient de le faire lentement et de décomposer ses gestes. Ainsi, lors des déplacements, il est bon de garder les bras relativement immobiles, et lorsque on a besoin de les utiliser, il vaut lieux ne pas se déplacer. Ces mouvements lents et décomposés évoquent ceux d’un mime.
  • Se positionner,
  • Simmobiliser,
  • Se concentrer tout en restant vigilant pour pouvoir s’esquiver si nécessaire,
  • Se servir des bras sans bouger le corps.
L’habitude que l’on a d’échanger avec le cheval par la voix n’est pas nécessaire. Lorsque l’on utilise se moyen d’échange, il convient de l’associer à des situations agréables pour le cheval.

La perception du toucher est particulièrement développée chez le cheval. Cela peut lui procurer des sensations aussi bien agréables que désagréables, voire douloureuses. Il y a des points clefs à connaître.

La mécano-allodynie, ou hypersthésie cutanée, est une situation où le toucher peut être perçu comme douloureux par le cheval. La douleur perçue peut être comparable à celle dune brûlure, ce qui motive des réactions violentes de l’animal. La présence d’un muscle peaucier pouvant provoquer des mouvements de vibrations cutanées, accentue le phénomène. Il y a un savoir faire du toucher.

On applique la main ou les doigts, de façon douce, sans mouvement de frottement ni de vibration, mais avec une pression progressive et maintenue. Ce contact tactile prolongé provoque une sensation agréable, et il est même capable de supprimer une douleur, chez le cheval.

Un autre point-clef est la présence de zones spécifiques. Ainsi, la région du flanc et du sternum est le siège du mécanisme d’hyperesthésie. On évite donc de les toucher, et si cela est nécessaire, on le fait avec tact. L’application de la main sur le plat de l’encolure, ou en région frontale a un effet apaisant.

■ Les procédures pour la contention

L’anamnèse (connaître les antécédents du cheval) et l’inspection sont les étapes qui précèdent l’abord du cheval. L’anamnèse, l’inspection, puis la palpation-pression, et le choix de la technique la mieux adaptée, sont les étapes préalables à la contention. En effet s’il y a des règles générales pour l’abord et la contention, il faut savoir les adapter à chaque situation, et pour cela il y a des moyens qu’il faut envisager.

L’information que l’on peut obtenir sur les antécédents du cheval nous aide au choix du type de contention. Par exemple, on évite d’attacher un cheval réputé « tirer au renard » ou d’utiliser le tord-nez chez un cheval qui « se pointe ».

■ Le licol

Le simple licol est aussi bien un moyen de contention qu’un système d’attache. On se positionne en avant de l’épaule. Sur les chevaux délicats, on le positionne d’abord à l’encolure puis au niveau du chanfrein. Il est bien toléré, sauf lorsqu’il est utilisé comme système d’attache sur des chevaux réputer « tirer au renard ».

Pour cette raison, on utilise le noeuds qui se défont par simple traction sur l’extrémité de la corde, et l’homme de cheval est toujours muni d’un couteau dans sa poche, notamment lors des transports, cela peut éviter qu’un cheval s’étrangle, pendu au bout de son licol.

Lorsque les box sont munis de deux anneaux latéraux, le système d’attache à deux longes est de loin préférable. Il permet aussi de laisser le cheval attaché sans surveillance, avec une relative sécurité.

■ Le licol à chaînette

Le licol à chaînette permet un degré de contention légèrement plus fort.

Dans ce cas la longe est terminée par une chaînette que l’on fixe à l’anneau du licol, ce qui permet de passer la chaînette sur le chanfrein pour avoir un effet de caveçon, ou bien sur la gencive au niveau de la lèvre supérieur ou inférieur, ce système est principalement utilisé chez les étalons.

■ Le caveçon

Le caveçon est utilisé pour tourner les chevaux à la longe.

Il est déconseillé pour la contention à la station car celui qui tient le cheval est trop exposé à un traumatisme dû à la structure métallique du caveçon.

■ Le chifney

Le chifney est un anneau métallique que l’on place dans la bouche du cheval avec deux montants et une têtière. Le bas de l’anneau est fixé à la longe.

Ce système, aussi appelé mors anti-cabreur, est couramment utilisé chez les étalons pour l’exercice au pas en main.

Il est prudent de le surajouter au licol en passant la boucle de la longe dans les deux anneaux. Il est utilisable sur le cheval à la station, tenu en main, mais non attaché au mur.

■ La tenue d’un antérieur

La tenue d’un antérieur levé est la contention la plus courante pour empêcher la ruade lors d’un palper transrectal, et pour immobiliser les trois autres membres au sol. Bien que considérée comme assez sûre, la technique n’est pas absolue. Les chevaux légers et agiles arrivent à ruer en ne prenant appui que sur un antérieur, l’équilibre sur deux membres latéraux ou en diagonale est possible, ce qui fait qu’un des deux postérieurs peut garder la mobilité, et enfin le cheval peut se mettre à genoux sur l’antérieur opposé. Pour prévenir ces écueils, il convient de faire tenir le pied de la façon suivante.

Pour lever le pied, on déséquilibre légèrement le cheval, en le poussant légèrement, avec son épaule, du côté opposé au membre à lever. La main est alors descendue le long de la face interne du membre à lever, et le saisit au niveau du paturon ou du fanon, en appliquant un mouvement de traction vers le haut et de flexion de l’extrémité du membre. Une fois le pied levé, la personne qui tient le pied du cheval se positionne au niveau de l’épaule du côté de l’antérieur levé, elle est tournée en regardant en direction de la croupe du cheval, elle a les jambes légèrement écartées, et le pied est tenu à deux mains. La main intérieure au membre à lever, passe entre la cage thoracique du cheval et le membre en question. Elle est placée au niveau du paturon, sans enserrer ce dernier avec le pouce, le boulet est alors fléchi à 80 degrés environ. La main extérieur au membre tient la pince du sabot comme un levier. C’est cette main externe qui assure la sécurité de la façon suivante : lorsque le cheval s’appuie trop sur le membre levé, ce qui augmente le risque de ruade, on rétablit l’équilibre par une traction vers le haut sur la pince, fléchissant ainsi les articulations du boulet et du paturon, lorsque le cheval ne s’appuie pas assez et risque de se pointer, on exerce le mouvement inverse vers le bas.

En pratique cela fonctionne comme un levier de commandes, actionné vers le haut (le cheval monte), vers le bas (le cheval descend). Ainsi celui qui tient le pied reste aux commandes et ses interventions seront efficaces si on lui a expliqué ce qu’il faut faire et s’il reste attentif au comportement du cheval.

■ La tenue de la queue

La tenue de la queue peut s’effectuer de deux façons différentes. Tenue vers le haut, rigoureusement droite, elle sert à immobiliser le cheval, ceci est utilisé essentiellement chez le poulains, car chez les adultes la force de nos poignets ne permet que rarement de maintenir cette position. Chez le poulain, la personne qui assure la contention se place latéralement avec une main à la base de l’encolure.

La deuxième façon de tenir la queue doit être utilisée chez le cheval adulte dès que l’on pratique une inspection-palpation sur l’arrière-main. L’objectif n’est pas tant l’immobilisation mais le contrôle des mouvements du cheval. C’est le praticien qui tient la queue qu’il considère alors comme assurance vie. Il se place à hauteur de la croupe, saisit la queue d’une main, exerce une légère traction dessus, puis en fonction des réactions du cheval, maintient la tension ou relâche légèrement. De l’autre main, il effectue les geste de palpation, de pression, au niveau de la croupe, la jambe et l’extrémité du membre postérieur avec une progression vers le bas. Lorsque les deux mains sont nécessaires, et lorsque la situation est contrôlée, la queue peut être relâchée. Elle peut être reprise si le comportement du cheval l’indique.

En pratiquant de la sorte, on reste aux commandes du cheval, on enregistre ses réactions, et l’on a le temps de faire avorter le départ du coup de pied en exerçant une traction ferme latéralement, ce qui le déséquilibre et limite le décollement du pied. Avec l’habitude, cette façon de faire devient systématique et lorsqu’on passe d’un côté de la croupe à l’autre, on peut rester au contact du cheval, tout en changeant de main, et sans relâcher la queue.

■ La palpation et la pression

La palpation et la pression digitée ponctiforme sont des gestes de base pour la contention. La palpation correspond au toucher comme il a été décrit précédemment.

La pression appliquée au doigt sur une zone d’intérêt du corps du cheval permet d’évaluer la douleur. Ceci permet de faire un choix sur le niveau de contention à mettre en place avant de réaliser un acte sur le site concerné.

La pression digitée appliquée d’une façon spécifique, correspondant à un mécanisme neuro-physoliogique, appelé « contrôle de porte » et que les vétérinaires connaissent bien, permet aussi de bloquer la douleur. Ceci permet de réaliser, sans contention, des actes simples et rapides comme les injections.

■ La saisie d’un pli de la peau

La saisie d’un pli de la peau en avant de l’épaule, de façon ferme, à la force du poignet, immobilise le cheval et induit une posture en latéro-flexion axiale du même côté.

Cette prise ne peut pas être maintenue très longtemps, mais elle permet la mise en place d’un autre moyen de contention physique telle que la prise d’un pied, la prise de la queue, ou la mise en place du tord-nez.

■ Le tord-nez

L’utilisation du tord-nez correspond à un niveau de contention supérieur aux techniques décrites précédemment. L’immobilisation obtenue est meilleure, mais les risques sont plus grands. Le tord-nez a des effets irritants, antalgiques par la sécrétion d’endorphines, et immobilisant. L’équilibre entre ces différents effets est variable d’un patient à l’autre et instable au cours du temps chez le même patient, il convient donc de savoir détecter les signes d’intolérance à ce type de contention.

La mise en place du tord-nez peut être faite par une seule personne, celle qui tient la longe, mais cela demande de l’habitude. Plus fréquemment, le tord-nez est mis en place par deux personnes. S’il s’agit d’un poulain ou d’un cheval agité, les deux personnes se placent du même côté de l’animal. Dans ce cas la personne qui tient la longe se trouve à l’épaule et celle qui tient le tord-nez juste avant. S’il s’agit d’un adulte, assez tolérant, il est possible de se placer de chaque côté, en avant des épaules, mais jamais devant le cheval. Dans ce cas, celui qui est à la longe est placé à gauche, celui qui est au tord-nez, à droite.

Que l’on soit, du même côté ou de chaque côté, la procédure de mise place est la même. Celui qui tient le tord-nez passe la main à travers la boucle de la cordelette, le tord-nez se trouve alors suspendu à son poignet, il saisit le licol, puis le chanfrein avec la main libre, puis la main chargée du tord-nez progresse de caudalement à raustralement (de l’arrière vers l’avant), le long de la joue pour atteindre la commissure des lèvres, puis le nez, le geste est lent, en cas de défense, une pause est faite dans la progression tout en restant au contact, et en introduisant éventuellement un doigt dans la commissure des lèvres, ce qui est bien toléré pour les chevaux qui sont habitués à avoir une embouchure. La main qui porte le tord-nez est alors positionnée sur le nez qui est saison de façon dosée, en fonction du comportement du cheval, suffisamment serré pour ne pas lâcher, pas trop, pour ne pas induire de défense, là aussi la notion de fixité de la main est déterminante. Si le comportement du cheval le permet, la main libre qui fixait le chanfrein vient alors saisir le manche du tord-nez, le positionne et l’« emprisonne » entre son bras et son corps vers les aisselles, puis le fait tourner pour obtenir une tension de la cordelette, suffisante pour fixer le nez du cheval. Lorsque le comportement du cheval ne le permet pas, le manche du tord-nez est confié à celui qui tient la longe et qui le tourne jusqu’à fixation du nez du cheval par la cordelette.

Une fois le tord-nez posé, le cheval est observé quelques secondes, la pression exercée sur le nez peut être modifiée en serrant plus ou en desserrant, le tord-nez est alors tenu à deux mains par la même personne qui enserre en même temps la longe contre le tord-nez. A ce stade, celui qui tient le tord-nez et celui qui intervient sur le cheval se placent du même côté. S’il y a un changement de côté pour l’intervention, les deux changent. Durant la mise en place du tord-nez, on évite toute stimulation extérieur, les tapotements sur celui-ci ne sont pas souhaitables.

Le retrait du tord-nez qu’il soit anticipé ou en fin d’intervention est à faire rapidement, c’est-à-dire que la vitesse de rotation pour le desserrer doit être rapide, car le cheval au moment de la libération de son nez, peut avoir des mouvements d’encolure violents qui transforment le tord-nez en boomerang, c’est aussi pour cette raison qu’il doit être tenu à deux mains car un tord-nez libéré est une arme redoutable. Traditionnellement il est en bois, certains sont en tube PVC, ce qui facilite la désinfection, mais ils sont plus fragiles. La longueur du tord-nez est de un mètre, la cordelette est une boucle de 34 centimètres, et d’un diamètre de 7 millimètres. Le tord-nez est un élément de contamination d’un cheval à l’autre et d’une écurie à l’autre, il convient de le désinfecter et de l’utiliser avec des mains propres et sèches.

■ Les signes d’intolérance

Durant la contention il est nécessaire de connaître les signes d’intolérance, et aussi d’en informer celui qui tient le cheval, avec une instruction précise de ce qu’il à a faire. La mise en place du tord-nez est l’exemple parfait. On précise qu’il ne peut pas lâcher le tord-nez tant qu’on ne dit rien, et que par contre, il faut l’enlever très vite lorsqu’on en donne l’ordre.

Lorsqu’un tord-nez n’est pas toléré, s’il est enlevé assez tôt, il y a un « moment de grâce » de quelques secondes, qui permet au praticien de sang froid de terminer son acte sans la contention.

Les signes à ne pas manquer sont :
  • La polypnée (le cheval souffle),
  • Les tremblements musculaires,
  • Les faciès crispé,
  • La transpiration,
  • L’émission de bruits,
  • La posture ramassée.
Ces signes d’intolérance précèdent le coup de pied, le saut de mouton, la ruade, la levade, la fuite, tout ceci en fonction du tempérament du cheval.

■ Les barres d’examen

Appelées autrefois « barre de travails », les barres d’examen sont des équipements des cliniques vétérinaires. Elles conviennent aux chevaux qui tolèrent bien les transports en van. Les barres sont de différents types en fonction des actes auxquelles elles sont adaptées (barre de médecine, barre de gynécologie, barre de chirurgie, barre d’imagerie médicale).

■ Les entraves

Les entraves ne sont plus utilisées, si ce n’est parfois dans les Haras, sur les juments.

■ Les autres contentions

Les alphas deux adrénergiques sont utilisés pour leurs effets sédatif et analgésique. On peut dire qu’ils sont la camisole chimique du vétérinaire équin.

Ils s’associent bien avec la mise en place du tord-nez (contention combinée).

En association avec un morphinique, ils permettent la mise en place d’une antalgie majeure. Ils ont des effets secondaires qui font que leur usage est réservé aux vétérinaires.

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