L’équitation portugaise

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L’équitation portugaise est l’équitation de tradition du Portugal, qui se pratique généralement avec un cheval Lusitanien, mais l’Alter Real, le Garranos et le Sorraïa peuvent aussi convenir à la discipline. Issue d’une longue tradition, dont les premières preuves écrites remontent au XVème siècle avec le traité d’équitation du roi Dom Duarte, elle se définit surtout au XVIIIème siècle, époque où elle passe du statut de pratique militaire à celui d’art à part entière.

Bien que la nature de son équitation reste controversée, Nuno Oliveira est le principal ambassadeur de la tradition équestre portugaise dans le monde, au XXème siècle. Cette époque voit la création de l’école portugaise d’art équestre en 1979. L’équitation portugaise est influencée par la tauromachie, mais elle présente aussi des liens étroits avec l’équitation de tradition française.

■ L’histoire

La pratique de l’équitation pourrait avoir une très ancienne origine au Portugal, puisque les premières hallebardes découvertes par les archéologues, destinées à combattre les cavaliers, sont datées de 4000 avant Jésus Christ. Certaines ont été retrouvées à Garrovilla et Caceres.

Au Moyen Âge, la forme d’équitation médiévale pratiquée dans la péninsule Ibérique est basée sur des mouvements rapides faits de charges, de demi tours et d’arrêts, à la gineta (genette). Les invasions Maures entraînent, jusqu’au XVème siècle, des échanges de savoirs équestres entre le monde européen et le monde arabe, en particulier à travers les hippiatres arabes. Toute l’Europe s’intéresse alors aux chevaux ibériques, dits genets d’Espagne, dans un contexte de création des premières académies d’équitation.

Le premier traité d’équitation portugaise connue est l’œuvre de Dom Duarte, Ensinança de Bem Cavalgar Toda a Sela, écrite au XVème siècle vers 1434, mais connue seulement par des copies tardives. D’après Carlos Henriques Pereira, il s’agit à la fois du premier traité d’équitation européen paru après l’Antiquité, et d’une mine de renseignement sur l’équitation médiévale, détaillant la manière dont elle évolue du domaine militaire vers l’équitation classique. Le roi du Portugal et de l’Algarve apporte avec ce traité une part de « psychologie appliquée aux sports équestres », en abordant à la fois l’art que représente l’enseignement de l’équitation et la préparation mentale du cavalier.

Au XVIIème siècle paraissent différents traités d’équitation au Portugal, dont une partie seulement a été préservée. L’époque marque la fin de l’équitation à la gineta, héritage de la conquête musulmane, mais cette dernière reste importante dans la tauromachie portugaise. Galvam de Andrade apporte des éléments relevant du domaine de l’éthologie équine, en accordant une grande place à la psychologie de l’animal.

Nuno Oliveira, le plus grand écuyer du XXème siècle, popularise son équitation travaillée au Portugal dans le monde entier. Il y a controverse quant à l’équitation qu’il pratique. S’il la qualifie lui-même de « latine », certaines personnes estiment qu’il appartient plutôt au courant bauchériste ou à l’équitation de tradition française, voire qu’il a réalisé une synthèse entre différents courants d’équitation classiques.

L’équitation portugaise jouit d’une certaine reconnaissance en France, puisque la Fédération française d’équitation l’a reconnue comme une pratique à part entière en 2000.

■ La pratique

L’équitation portugaise ne consiste pas en une pratique unique, mais plutôt à un ensemble de pratiques, propres à l’utilisation du cheval au Portugal.

■ L’équitation de manège ou Picaria

Cette équitation qui a permis de valoriser le cheval Lusitanien et d’en faire l’archétype du cheval d’Art équestre est aujourd’hui pratiquée dans de nombreuses écoles dont la plus célèbre est l’Ecole Portugaise d’Art équestre de Lisbonne. La Picaria Real qui signifie étymologiquement manège royal, est un ensemble d’exercices équestres que l’on peut assimilé à la haute école et pratiqués au XVIIIème siècle au Portugal. On pouvait y associer également des jeux équestres comme le jeu de têtes, la quintaine, la course de bagues, le jeu de cannes ou encore le jeu des pigeons.

L’équitation de manège ou picaria est une équitation savante qui a été codifiée en 1790 par Manuel Carlos de Andrade, fidèle disciple du Marquis de Marialva. Le cheval d’école devait suivre un cycle de formation rigoureux.
  • La phase de stabilisation : L’écuyer recherche la stabilité des allures. Le jeune cheval est alors travaillé en longe avec une selle à piquer. Les anciens utilisaient parfois un cepilho ou « jokey de bois ».
  • La phase d’incurvation : Dans cette étape clé l’épaule en dedans et la croupe en dedans constituent les principaux exercices. Le cercle est la figure de référence qui permet l’assouplissement latéral et l’incurvation.
  • La phase de mobilisation : Le cheval développe sa mobilité. Le galop constitue l’allure dominante. Le cheval réalise ses premières battues de piaffer. Le reculer, la passade, le terre à terre, la tête au mur sont des exercices qui permettront au cheval d’évoluer vers le rassembler.
  • La phase d’élévation : Dans cette phase, l’écuyer recherche une élévation de l’avant main et un abaissement des hanches. Le cheval peut réaliser avec un certain degré d’aisance la pirouette, la pesade, la courbette. L’emploi des doubles piliers ou du pilier unique permettent de perfectionner ces différents airs.
  • La phase de confirmation : A ce stade de formation, le cheval d’école peut exécuter avec légèreté les airs relevés comme la croupade, la balotade et la cabriole. Il est censé atteindre un rassembler proche de l’idéal.

■ L’équitation de travail

Issue d’un savoir faire équestre ancestral des campinos du Ribatejo, célèbres gardiens de taureaux sauvages, l’équitation de travail portugaise est devenue aujourd’hui une équitation de sport et de loisirs gérée par la très dynamique Associação Portuguesa dos Criadores do Cavalo Puro-Sangue Lusitano (APSL). Avant de devenir une discipline équestre de compétition, l’équitation de travail est avant tout une équitation utilitaire qui répond aux nécessités des propriétaires d’élevages de chevaux et de taureaux de combats. Le taureau portugais étant un animal particulièrement agressif lorsqu’il se sent menacé, les éleveurs ont du faire appel très tôt à des cavaliers capables d’affronter le tempérament particulier de ces animaux en maniant leur chevaux avec une grande dextérité. Ces conditions ont permis l’émergence d’une identité équestre originale qui se différencie de ses homologues européennes, nord et sud américaines.

L’APSL a définit un règlement permettant de valoriser l’équitation de travail pratiquée à la campagne et s’est rapprochée des autres équitations traditionnelles européennes pour créer le Championnat Européen d’Equitation de Travail qui réunit les cavaliers camarguais, espagnols et italiens. Le règlement portugais prévoit quatre épreuves dont une facultative de tri du bétail domestique. L’épreuve de dressage se déroule dans un carré de 20 mètres par 40 mètres. Le cavalier doit obligatoirement monter en costume traditionnel d’équitation (traje curto) et le cheval de race Lusitanienne ou croisé doit obligatoirement porté le harnachement portugais, c’est à dire une bride portugaise et une selle à piquer traditionnelle. Il existe une reprise pour juniors et jeunes chevaux et une reprise seniors. Au programme, des figures de deux pistes, des variations d’allures, des passades, le cheval étant mené de la main gauche et la main droite tient une gaule ou vara.

L’épreuve de maniabilité cherche a recréé l’univers de la campagne. Le cavalier doit être capable de franchir une porte ou un pont, sauter des ballots de paille, faire un slalom autour de piquets qui représentent des arbres (le cheval changeant de pied au galop entre chaque piquet). Le cavalier doit viser des cibles comme celle d’un taureau en bois ou encore enfiler un anneau fixé à un support. L’épreuve peut être chronométrée et doit être déroulée au pas ou au galop. L’allure du trot est exclue. Enfin, les cavaliers peuvent opter pour le tri d’animaux généralement domestiques qu’ ils doivent déplacer en équipe d’un espace à un autre.

Les cabrestos sont les boeufs employés en équitation de travail au Portugal. Ils sont issus principalement de la race autochtone Mertolenga. La Mertolenga domine le val de Sorraia, site naturel où vivaient les chevaux de Sorraia. Ce sont des animaux de petite corpulence mais très rustiques. Cette race a des formes harmonieuses avec une robe qui s’apparente au rouan. La tête est sub-convexe. Elle peut-être tacheté avec l’encolure uniforme. Les mâles castrés sont très appréciés pour conduire les taureaux de combat. Ce sont ces mêmes animaux que l’on retrouve dans les compétitions d’équitation de travail au Portugal et dans l’arène.

■ La tauromachie

Les principes du combat à cheval du taureau ont, eux aussi, été définis par Dom Duarte. Antonio Galvam de Andrade en propose une réactualisation en 1678 dans son traité Arte de Cavallaria de gineta, estardiota. Bom Primor de ferrar, e alveitaria. Très ancienne, la chasse au taureau était déjà pratiquée dans l’Antiquité. L’historien Strabon raconte que les peuples de la Lusitanie avaient coutumes de combattre le taureau à cheval. Mais au Moyen âge, le combat dans les espaces clos était rare. Le taureau appartenait à la catégorie des gros gibiers comme l’ours et le sanglier dont la chasse est particulièrement dangereuse. D’où la nécessité de mettre au point diverses techniques cynégétiques qui marquent le début de la tauromachie équestre classique.

On ne se contente plus de toucher l’animal comme on peut, le chevalier feinte, esquive, comme dans la tauromachie moderne. Séduits par l’art équestre baroque français et italien, les Portugais redéfinissent plus tard les règles du combat à cheval et y ajoutent une dimension esthétique. Le rituel valorise l’habileté du cavalier, la bravoure du taureau et le courage des forcados. Ces trois acteurs constituent les piliers de l’art tauromachique portugais où, soulignons le , la mise à mort est exclue.

La Tourada portugaise se décompose en trois actes :
  • Les courtoisies qui servent à valoriser les airs de haute école,
  • Le combat face à face avec le taureau,
  • La pega qui consiste à ce qu’un groupe de huit hommes prennent le taureau à mains nues.
Les costumes du XVIIIème siècle français, la selle à piquer portugaise et les étriers en forme de sabots participent à l’esthétique de l’art équestre lusitanien.

■ La Gineta

Introduite probablement au XIIIème siècle par les Zenetes, cavaliers de la tribu berbère des Bénumérines lors de la conquête arabe dans la péninsule ibérique. Etymologiquement, gineta provient du mot arabe zanâta qui signifie cavalier. Cette équitation d’essence orientale a été définie par le premier écuyer portugais, le roi Dom Duarte en 1434. L’équitation à la gineta s’oppose à l’équitation à la brida qui était pratiquée dans le nord de l’Europe par les chevaliers chrétiens. Monter à la gineta consiste à monter à cheval avec des étriers chaussés courts.

C’est une équitation multi-fonctionnelle : La description la plus élaborée des exercices équestres à la genette est celle de Antonio Galvam de Andrade qui a écrit un traité d’une grande originalité sur l’équitation portugaise à la fin de la Renaissance.

Ayant une approche essentiellement éthologique de l’équitation, cet écuyer portugais définie cinq exercices élémentaires :

  • Le ramassage du foulard au galop,
  • Le poirier à cheval au galop,
  • La monte en équilibre sur deux chevaux (exercice ressemblant à la poste hongroise), l’un des deux étant monté par un autre cavalier,
  • La monte sur le cheval au galop,
  • Basculer le long de son cheval sans descendre de selle.
L’équitation gineta est l’ancêtre de l’équitation tauromachique. Cette équitation était enseignée dans des écoles. La plus connue étant celle de Galvam de Andrade à Vila Viçosa. Les chevaux avaient un harnachement spécifique : selle et mors à la gineta. Les cavaliers de l’équitation à la gineta étaient des amateurs de jeux équestres. Ils pratiquaient le jeu des cannes. Ils simulaient aussi des escarmouches avec des boucliers et des lances de type mauresques.

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