Le travail à la longe

L’intérêt de la longe est, bien évidemment, de pouvoir faire travailler le cheval sans être sur son dos. Tout d’abord, une séance de longe peut constituer un véritable travail pour le cheval. Qu’il s’agissent des premières leçons avant le débourrage, de la découverte, de l’importance de la voix et des gestes du dresseur, de séances de gymnastique et de travail musculaire à l’aide d’un enrênement.

■ Le principe du travail à la longe

C’est une excellente préparation physique pour tous les chevaux dont la musculature, en particulier celle du dos et de la ceinture abdominale, ne permet pas encore d’effectuer un travail satisfaisant avec un cavalier en selle. C’est aussi la possibilité de travailler un cheval qui, pour une quelconque raison, ne peut pas être monté.

Longer permet également de détendre un cheval frais ou impulsif de nature, évitant les bagarres inutiles en début de séance. Une fois qu’il aura « jeté son feu », il sera beaucoup plus disponible quand on se mettra en selle.

Le travail à la longe nécessite des variations de tracés qui, sans elles, entraîne la routine, ou ce qui n’est guère mieux, l’illusion d’un travail actif qui ne serait qu’un défoulement du cheval à la sortie du box.

Il faut bien faire la différence entre longer un cheval pour le « détendre » avant de faire autre chose, ce qui épargne les risques provoqué par l’inactivité et, le « travailler » à la longe ou aux longues rênes.

Dans le premier cas il suffit de s’amarrer et d’attendre que le feu s’éteigne en espérant que l’animal ne fasse une atteinte ou qu’il perde un fer. Dans le second cas le cheval sait qu’il n’est pas là pour faire n’importe quoi, n’importe comment. Il le sait parce qu’on lui a donné l’habitude.

Dès qu’il est sur son tracé, et qu’elle que soit l’allure, le cavalier doit aussi « animer » le travail. Frapper gentiment ses pas en une sorte de cadence adaptée à l’allure, effectivement, traîner les pieds pendant que le cheval est au galop, qu’il est concentré, attentif, engagé, rond, placé, incurvé, régulier, donnant son dos et son cœur, l’encolure souple et l’oreille mobile est tout à fait inconcevable.

Une forme de tension maîtrisée doit habiter le cavalier. Il faut donc adapter son tempo à celui du cheval qui est au pas, au trot ou au galop.

Le tracé du cavalier influe nettement sur le sien. En avançant, on le pousse, il « ouvre ». En reculant, il raccourci son cercle il « ferme ».

Tout ceci est vivant, mesuré, voulu et senti. C’est le charme et le goût du travail à côté du cheval, le plaisir, qui est grand, de parcourir son corps du regard et d’y reconnaître le bon développement des muscles, de constater la précision du tracé, la régularité des allures qui conditionne l’ensemble.

Sur ce point, qui n’est pas toujours facile à bien voir, c’est à dire « à coup sûr et sans questions », changer de vision. De la position verticale d’un individu normal avec ses repères, il faut passer à celle qui fera fonctionner le cerveau du cavalier différemment et, de fait, « voir cette allure avec le regard neuf de celui qui le découvre ».

Pencher la tête sur le côté sans perdre l’équilibre en restant sur ses deux jambes comme si on voulais considérer le cheval la tête à l’envers, ou la tête en bas.

■ La longe et son attache

Il faut disposer d’une plate-longe de huit à neuf mètres, pas trop longues pour ne pas s’emmêler les pinceaux, légère et sans bords coupants. On fait maintenant des longes qui sont très confortables pour les mains.

Si le licol est léger et solide et que le cheval ne cherche pas à fausser compagnie, on doit commencer avec au début. Cependant, pour plus de précision et pour éviter les tracés flottants, on doit diminuer la largeur du licol au niveau du chanfrein et attacher la longe sur le côté, à gauche ou à droite.

Très vite c’est au cavalier de juger, dans les jours suivants ou le lendemain, si on peut lui mettre un filet et attacher la longe soit à l’anneau du mors du filet soit à la muserolle. L’ensemble sera plus fixe et esthétique, mais surtout, la longe fixée à l’anneau donnera déjà un « léger pli », une « articulation souple » qui sera si utile pour la suite des opérations.

L’attache de longe au mors (bout du nez) occasionne, ne serait-ce que par le poids de la longe, une sorte de tension à laquelle le cheval est sensible.

Il y répond par un très léger plis naturel de l’encolure, un léger basculement de la tête vers le cavalier, qui favorisent, déjà, l’attitude d’ensemble incurvée du cheval sur son tracé.

De ce fait, les allures seront mieux équilibrées, donc plus régulières et toniques puisque mieux engagées par l’activité des postérieurs et principalement celui qui est vers le cavalier.

L’attache de longe peut aussi être fixée sur un caveçon, c’est une variété de licol dont la muserolle est fortement rembourré, avec en regard du chanfrein un anneau utilisé pour la fixation de la longe. Il est mis en place comme un licol mais son réglage est différent.

La sous gorge doit rester lâche, en revanche, la muserolle soit être serrée, afin d’éviter qu’elle ne glisse sur les naseaux et ne gêne la respiration du cheval, ou qu’elle n’exerce une action trop violente sur le chanfrein.

■ Le travail à la longe

Pour que le travail à la longe soit efficace, il est indispensable que le cheval soit déjà habitué à marcher en main, tenu par un licol, aussi bien à gauche qu’à droite. Il faut aussi qu’il se laisse brider et débrider sans défense, il doit savoir sortir de son box calmement, savoir s’arrêter lorsque le cavalier lui demande, et repartir au premier appel de langue.

Le cavalier conduit le cheval dans un lieu calme, déjà bien connu, de préférence dans un manège. En plein air, on choisit un espace parfaitement clôturé pour éviter la fuite du cheval, en cas d’échappée. Rien dans l’environnement ne doit déranger le cheval à qui on demande un travail qu’il ignore, et qui, par lui-même, peut créer de l’anxiété.

Il est préférable de commencer le travail vers la gauche car le cheval et l’homme travaillent plus à l’aise. On s’arrête avec le cheval au milieu de l’aire d’entraînement. On lâche alors un peu de longe, puis on marche vers la hanche de l’animal en faisant un appel de langue. Si le cheval ne se met pas en marche, on continue à avancer vers lui et, au besoin, on lâche un peu de longe supplémentaire.

Si tout cela se révèle insuffisant, on agite un peu la chambrière derrière le cheval. En cas d’échec, on fait appel à un aide qui peut, soit tenir la chambrière à la hauteur de la croupe, soit conduire le cheval pour quelques pas en le tenant par le montant gauche du caveçon. Il faut impérativement éviter de frapper le cheval pour le mettre en marche.

Dès que le cheval se porte en avant, le cavalier marche près de lui, en se déplaçant sur un cercle extérieur concentrique à celui sur lequel le cheval se déplace. Il encourage le cheval par des appels de langue. Le cavalier, qui avance en regard de la hanche du cheval fixe l’arrière main et non la tête du cheval. Si le cheval se détend par quelques mouvements de gaieté (ruades à la lune), il faut le laisser faire.

Après quelques tours au petit pas, le cavalier arrête le cheval avec les aides vocales « hoho » ou « hola ». Normalement, le cheval, qui en connaît la signification, s’immobilise alors de lui-même. Il est néanmoins possible qu’inquiété par la nouveauté de la situation le cheval n’exécute pas l’arrêt. On tire alors sur la longe vers l’arrière, tout en raccourcissant le cercle et en répétant les ordres d’arrêt. Si le cheval continue à avancer, on donne de très légères secousses dans la longe jusqu’à ce que l’on obtienne l’arrêt.

Une fois le cheval immobilisé, on se dirige vers lui tout en lui parlant, afin de le calmer. Il ne faut pas hésiter à le caresser au niveau de l’épaule ou de l’arrière main, jusqu’à disparition de la tension anxieuse. Il faut, en revanche, éviter d’avancer vers la tête.

La leçon peut alors reprendre par une série de départs et d’arrêts, jusqu’à ce que l’animal réponde parfaitement et franchement aux ordres, puis se poursuit par un travail vers la droite, le cavalier ayant préalablement pris bien soin d’inverser la tenue de la longe et celle de la chambrière.

Au fur et à mesure des leçons quotidiennes, on fait varier la longueur de longe séparant l’homme du cheval. Celle-ci doit toujours rester légèrement tendue. On alterne, dans le calme, les marches rectilignes et les marches circulaires. Le cavalier reste normalement à l’aplomb de l’épaule. Il se place plus en avant pour empêcher le cheval de tourner, plus en arrière pour réaccélérer un cheval qui ralentit.

Une fois que l’on est bien maître du cheval au pas, il faut lui faire prendre des allures plus rapides. Le départ au trot sur le cercle ne doit pas poser de problèmes si le cheval répond déjà bien aux aides vocales.

Il faut pousser le cheval en prononçant le mot « trot » jusqu’à ce que l’attouchement de la chambrière lui fasse prendre spontanément cette allure. Ainsi, le passage au trot va être rapidement associé à l’aide vocale, prononcée toujours avec la même intonation. La durée de l’exercice au trot doit être très progressive.

On peut agir de même pour obtenir le galop, toutefois s’il s’agit d’un jeune cheval, cette allure n’est pas conseillée car elle surcharge les articulations du doigt, quand le cercle de travail est très court.

Le cavalier doit toujours avoir présent à l’esprit que le principal objectif du travail à la longe est d’amener le cheval à adopter des allures calmes, régulières et cadencées. Le cheval doit apprendre à accélérer comme à ralentir, à passer d’une allure à l’autre, à bien obéir à la voix.

Il est important aussi qu’il s’habitue à travailler avec une longe tendue en permanence, surtout quand on lui donne de la longe pour agrandir le cercle. Cette longe, comme les rênes, est un lien de communication entre le cheval et l’homme. Sa tension permet la transmission physique des impulsions de l’un et de l’autre. L’exercice doit être conçu de façon que cette possibilité de communication soit maintenue en permanence.

■ Les positions et les attitudes à adopter

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